Dans le secteur informatique, les grands constructeurs, américains surtout, ont été les premiers à surfer sur cette vague verte à grand renfort d’annonces, pour promouvoir leur marque. Partant d’une bonne intention, le ‘Green’ s’est ainsi transformé en ‘Gold’ … les lancements de serveurs ‘moins gourmands en énergie’, les ordinateurs et imprimantes ‘fabriqués à partir de plastiques recyclés’, les data-centers ‘éco-performants’, ROHS, autant de sujets qui, s’ils sont de nature à faire du bien à l’environnement, constituent surtout une belle occasion de communiquer autrement sur des cibles plus larges en véhiculant des messages positifs sur l’entreprise.
Le secteur de la Supply Chain n’est pas en reste, au contraire ! Face à un contexte international particulièrement difficile en matière de coût de l’énergie et dans un cadre de directives européennes de plus en plus réglementé autour du développement durable, les entreprises sont de plus en plus sensibles aux intérêts environnementaux. Une récente étude de l’Observatoire de la Supply Chain 2008[1] indique en effet que 78% des entreprises françaises interrogées prennent en compte les questions environnementales dans leurs décisions stratégiques.
Les chiffres sont encourageants et démontrent une réelle volonté d’agir, mais comment ?
Plusieurs cas concrets dévoilés récemment ont permis de dégager de grands axes de réflexion et de bonnes pratiques : énergie, déchets et pollution sont à la source des grands chantiers écologiques de la plupart des entrepôts aujourd’hui.
Partisan d’une approche pragmatique, Guyenne et Gascogne a lancé un pilote en 2005 avec un logiciel de Gestion Technique Centralisée (GTC) permettant de piloter simultanément tous les postes de consommation d’énergie (électricité, gaz, froid, fuel, …) de façon à optimiser l’efficacité énergétique globale du système. Les tests ont été plus que concluants puisque le déploiement de ce logiciel a permis, par exemple, de réduire de 12 % la consommation électrique au lieu des 5 % prévus initialement. Associés à des panneaux solaires (pour la production d’eau chaude sanitaire, par exemple) et des éoliennes individuelles, ces réductions et aménagements permettent de réaliser de véritables économies sur le moyen terme.
La consommation d’eau peut aussi être considérablement réduite par la mise en place d’une pompe de bouclage eau chaude sanitaire, de robinets temporisés ou électroniques, permettant d’éviter ainsi les gaspillages.
En terme de déchets, de nombreux entrepôts ont amélioré de façon significative la qualité de leur tri sélectif (plastiques, cartons) et ont investi dans du matériel de compactage des cartons qui sont alors mis en balle et acheminés vers des papeteries pour être recyclés. Il est également possible de valoriser les palettes de bois dont les copeaux, une fois broyés, peuvent être revendus à des entreprises pour l’alimentation des chaudières, ou qui, mélangés aux boues de stations d’épuration, peuvent produire du compost de qualité pour les jardineries ou l’agriculture locale.
Enfin, au niveau de la réduction des pollutions, deux axes sont privilégiés. Le premier étant lié à la production de froid, dont les gaz polluants sont néfastes pour la couche d’ozone. Des études sont en cours autour du CO2 qui pourrait être purifié, puis liquéfié, et ensuite utilisé dans les installations frigorifiques. Evalué à un ratio de 1 contre 3800 par rapport au R404A, gaz fréquemment utilisé dans la production de froid négatif[2], l’impact sur la couche d’ozone du CO2 obtenu serait alors neutre.
Le deuxième axe concerne le transport. A l’instar de Samada, certaines sociétés ont déjà fait le choix d’utiliser le ferroviaire au maximum couplé à des sociétés de transports utilisant des camions électriques pour l’acheminement final de leurs colis vers les magasins situés à Paris. Ce choix s’accompagne cependant d’une augmentation des frais de transport d’environ 20% pour Samada, qui assume ce choix dans le cadre d’une politique interne axée développement durable et une communication forte tournée développement durable auprès de sa clientèle.
Fait marquant, la plupart de ces sociétés et autres grands groupes prestigieux comme LVMH, ont fait le choix de réfléchir en amont à leurs processus de supply chain, en misant sur des pratiques et des technologies permettant l’optimisation de leurs processus. L’association anglaise Road Haulage par exemple, a récemment indiqué que chaque année, des centaines de milliers de colis erronés sont acheminés à leur adresse de destination, puis retournés aux entrepôts, rectifiés, puis à nouveau transportés, triplant ainsi de facto leur empreinte écologique (et leur coût !). Des acteurs comme la société Vocollect, avec leur solution de travail dirigé par la voix, participent aux processus de supply chain orientés green en diminuant ces pollutions directement liées aux transports, grâce à une réduction drastique des taux de litige avoisinant les 100%.
Alors, quand ‘Green’ rime avec ‘Gold’, on obtient une adéquation parfaitement équilibrée entre protection environnementale et retour sur investissement.
Tribune libre par VoCollect
Crédit photo : site internet de Vocollect
[1] Avril 2008 – Etude menée auprès de directeurs et responsables de la Supply Chain.
[2] Source : Guyenne et Gascogne