D’après les tenants et fournisseurs des solutions de « Demand Forecasting », les avantages procurés par ces dernières sont aujourd’hui considérables : meilleure anticipation des charges, diminution des niveau de stocks, amélioration du taux de service, gains organisationnels pour la fonction approvisionnement et pour l’entreprise au sens large, et meilleure capacité de négociation avec les sous-traitants en sont les principaux exemples.
Si bien que le succès de l’offre tend à progresser, à plus forte raison du fait du contexte, marqué par la crise, qui accroît la tension sur stocks et trésorerie, ainsi que par la nécessité grandissante pour les entreprises de travailler sur leur fonction Supply Chain. Résultat, les providers vendent davantage le produit séparément, et les progiciels de prévision de la demande pourraient par suite devenir une catégorie logicielle à part entière. Pour autant, ce succès reste à relativiser, le taux d’équipement demeurant largement en deçà de celui des solutions de gestion d’entrepôt.
Avantage numéro un : la dimension collaborative
Principale attente des directions supply chain vis-à-vis du produit : la capacité de ce dernier à bien relier les fonctions logistique, marketing, ventes et finance, à partir des informations, ceci dans le but de garantir la gestion optimale du cycle de vie des produits. Néanmoins, les fournisseurs de solutions rappellent que quel que soit le caractère automatique de l’outil, ce dernier ne peut pallier un manque de supervision humaine, tout autant qu’il impose parfois une réorganisation structurelle des approvisionnements.
Actuellement, Excel reste toujours l’outil leader, bien qu’il ne soit pas conçu pour supporter d’importants volumes de données, que la puissance de calcul soit limitée, et que la traçabilité des modifications effectuées soit fastidieuse. Pourquoi les entreprises ne s’équipent-elles pas davantage ? La prise en main parfois laborieuse de logiciels sophistiqués, l’implémentation ainsi qu’un ROI jugé incertain, forment un début d’explication. Dès lors, la nécessité de s’équiper aurait plutôt pour facteur déclencheur le niveau de maturité atteint par les entreprises en matière de supply chain management.
Certains acteurs de taille moyenne, dans la grande distribution notamment, où les marges sont restreintes et les quantités échangées importantes, voient le Demand Forecasting comme un outil vital, tandis que d’autres ne sont manifestement pas prêtes ou n’en voient pas forcément l’intérêt, à commencer par les petites entreprises. Pour l’heure, ce genre de progiciel profite surtout aux grands groupes à l’organisation logistique complexe et dont les marges tendent à diminuer.
Le ROI : un argument clé sur un marché naissant
Au final, une fine étude du besoin, du ROI attendu, conjugués à un état des lieux préalable, doivent permettre de savoir s’il sera ou non intéressant de franchir le pas, et ensuite de déterminer clairement ce que le déploiement aura apporté. Et puis, comme pour tout projet informatique, il faudra trouver l’offre la plus adaptée et l’accompagnement adéquat. Si la crise renforce le besoin prévisionnel de court terme, on n’oubliera pas non plus qu’un projet SI se construit avec précaution sur les bases d’une vision à moyen voire à long terme.
Si le ROI est toujours incertain sur de courtes périodes, les réflexions sur l’offre s’étoffent quant à elles rapidement, et devraient déboucher sur le traditionnel antagonisme entre les généralistes, qui prôneront l’imbrication de la solution dans un outil plus global, et les spécialistes, qui leur objecteront que cette solution prouve son efficacité seule, voire que la prévision reste hypothétique et n’a rien à voir avec la planification logistique. Une vaste querelle sur laquelle le client pourra trancher seul, au regard des spécificités de son organisation.
Résumé réalisé par Physical Supply Chains à partir de l’enquête du Journal de la Logistique (Numéro 64 – avril 2009 : « Prévision de la demande : le boom des progiciels »).
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