Le continent européen paraît aujourd’hui la zone économique la plus mature en gestion de la supply chain. Et ce tant du côté des prestataires, dont 11 des 15 plus importants dans le monde sont du vieux continent, que des donneurs d'ordres eux-mêmes, avec des spécialistes comme EADS, Volkswagen ou encore Tesco dont la logistique est déjà très optimisée. Au cœur de l’Europe, la France occupe une position de premier plan sur le sujet, avec des formations universitaires ou des troisièmes cycles reconnus et assez anciens.
Quand l’efficacité de la supply chain plafonne
Malgré tout, deux grands indicateurs de l’efficacité du supply chain management semblent plafonner, et se pose fatalement la question du potentiel d’amélioration des spécialistes hexagonaux.
D’abord, le transport multimodal et le passage du camion au rail ne décollent pas malgré l’effort de communication politique sur le sujet, avec des lacunes dans l’offre des opérateurs intermodaux (par exemple en termes de délais), dont la santé financière est bien loin de l’excellence. Fiscalité verte et repositionnements stratégiques dans des entités comme la SNCF ne suffiront donc probablement pas pour faire progresser le report modal.
Ensuite, ce second indicateur qu’est le taux de remplissage peine à grimper au-delà de 75 %, chiffre sur lequel on admet un certain optimisme, la réalité se rapprochant davantage des 50 à 60 %...
Devant ce constat, certains cherchent à promouvoir le concept de « green supply chain » pour rechercher l’efficacité logistique sous un angle nouveau, mais il leur faudra dépasser l’intermodal et la taxe carbone pour de nouvelles pistes de réflexion. En insistant sur l’impact de ces démarches « green » sur les indicateurs logistiques notamment.
Le pooling pour réconcilier « green » et efficience
Là-dessus, le lien apparaît clair entre la diminution des émissions de CO2 et la croissance du taux de remplissage, qui passe par une bonne collaboration entre services dans l’entreprise et entre chargeurs et prestataires logistiques dans un premier temps, et dans un second par l’inévitable collaboration entre les entreprises elles-mêmes, qu’elles soient ou non concurrentes.
Pour cela, le pooling devient une alternative crédible recelant le gros des potentiels de gains à venir pour les organisations logistiques. L’Europe et la France, qui semblent s’inscrire en pionnières du transport mutualisé, ont néanmoins encore beaucoup de progrès à faire pour résolument s’engager dans cette voie, ainsi que l’ont fait des grands noms comme Henkel, GSK, Cadbury ou encore Continental, avec des gains pouvant aller au-delà de 30 % sur le carburant ou les kilomètres parcourus…
Résumé réalisé par Physical Supply Chains à partir du Journal de la Logistique (Numéro 70 – novembre 2009 – « Le génome de la supply chain enfin découvert ? » ; par Alain Borri, directeur général de Bp2r).
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