Avec 33 millions de mètres carrés d’entrepôts mis en chantier en France depuis 1980, la logistique est devenue au fil des ans un grand secteur de l’industrie. Elle conditionne les flux marchands et son efficacité influe directement sur la compétitivité des entreprises. Depuis quelques années, la forte augmentation des approvisionnements internationaux, notamment, a profondément modifié les schémas logistiques existants et le secteur doit faire face à un certain nombre de mutations : création de nouveaux corridors, développement de plates-formes périurbaines, transfert modal des flux de marchandises… Toutes ces évolutions concourent à favoriser l’émergence de nouvelles zones logistiques.
Ainsi, aujourd’hui, si 80 % des transactions se concentrent encore sur la dorsale Lille-Paris-Lyon-Marseille, on assiste à la montée en puissance de nouveaux hubs régionaux à l’image de Bordeaux, Toulouse, Nantes, Le Mans, Orléans ou Le Havre, par exemple, avec plus de 200 000 m² d’entrepôts commercialisés depuis le début de l’année.
Plusieurs raisons expliquent ces évolutions
Ces métropoles disposent d’importantes réserves foncières susceptibles d’accueillir des plates-formes de 50, 80 voire 100 000 m² à des coûts locatifs inférieurs à ceux pratiqués dans les grandes zones logistiques historiques.
Les industriels et les distributeurs, soucieux de réduire les délais et les coûts de transport, souhaitent se rapprocher des grands bassins régionaux de consommation.
Enfin, les pressions environnementales et la nécessité de réduire les émissions de CO2 en optimisant les flux de transport favorisent également ces changements.
« En parallèle, la demande constructive elle-même s’est modifiée. Nous proposons désormais des bâtiments plus vastes, polyvalents et extrêmement modulaires, à même de répondre aux contraintes d’un seul utilisateur et propres à s’adapter également à une demande locale, plus hétérogène et morcelée, » explique Philippe Rougé, Directeur du Développement logistique de GSE.
Mais ne devient pas région logistique qui veut.
« Les stratégies d’implantation hors des axes majeurs sont souvent délicates. Il reste indispensable de bien prendre en compte l’ensemble des critères avant de lancer un projet d’envergure : taille du bassin de consommation, existence d’une main d’œuvre locale qualifiée, densité et efficience des infrastructures…, » souligne Philippe Rougé.
Ainsi, la Lorraine qui avait misé sur le développement de ce type d’activités sur son territoire n’a jamais vraiment réussi son décollage, faute d’un potentiel suffisant de consommateurs, et reste aujourd’hui une région de transit. La zone de Beaune (Côte d’Or), un temps prometteuse, peine également à décoller.
Ces semi-échecs ne doivent pourtant pas occulter les nombreux atouts que possède la France. Cet éventail de territoires logistiques, toujours plus large, la pose en sérieux concurrent de la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou les Pays-Bas. Pour preuve, 20 % des investissements européens en logistique sont réalisés en France. Cette attractivité s’explique à la fois par la qualité des infrastructures hexagonales, la situation géographique de la France et des niveaux de loyers inférieurs à ceux de ses voisins : 37 à 55 euros/m²/an contre 54 à 78 euros pour l’Allemagne et plus de 85 euros en Grande-Bretagne.
Désormais, la France qui a rattrapé son retard sur les autres pays d’Europe occidentale, a toutes les cartes en main pour asseoir son leadership logistique.
Source du communiqué : GSE