Chez le spécialiste des sports de glisse, tout part du schéma directeur de la supply chain. « Ce schéma directeur fonde le développement logistique de nos marques dans le vieux continent sur deux points d’entrée : une entrée Nord Europe, dans une zone où la stabilité des flux imports est démontrée et la clientèle très présente, et une entrée Sud Europe, censée prendre en charge les marques Quiksilver et Rossignol, suite au rachat de la seconde en 2005 », détaille pour nous Christophe Dubès, directeur des opérations pour Quiksilver Europe. Le choix du site de Rives a d’abord permis le reclassement de salariés de Rossignol chez un prestataire logistique sélectionné pour l’exploitation de l’entrepôt, et a ainsi fait bénéficier la logistique de Quiksilver d’un important bassin d’emploi. Géographiquement, le site était d’autre part un compromis idéal pour approvisionner les quelque 6000 points clients de chacune des marques sur la zone EMEA.
C’est sur les bases de ce choix d’implantation et d’un plan-type que le leader mondial de l’outdoor a d’abord lancé son appel d’offres pour la conception et la maîtrise d’ouvrage. Selon Christophe Dubès, deux critères ont prédominé dans le choix de ProLogis ; « la question de l’enveloppe financière, bien sûr, mais aussi la sécurisation du délai de livraison du bâtiment. Le "développeur-propriétaire-bailleur" devait apporter toutes les garanties pour éviter tout dérapage, dans un secteur où seules deux courtes fenêtres de tir se présentent chaque année pour renouveler une logistique. Ensuite, le meilleur compromis entre coûts, qualité, et capacité à répondre à nos ambitions HQE a fondé cette décision ».
La qualité de l’équipe projet : un facteur-clé du succès
Une fois le choix fait, la collaboration commence par l’articulation d’un management projet et la constitution d’une équipe. Cette phase donne lieu à de nombreux échanges entre parties prenantes, notamment au niveau des descriptifs de travaux et de la gestion du calendrier. Pour le directeur des opérations, l’élément numéro un de la réussite d’un tel projet demeure enfin « la qualité de l’équipe de développement, qui doit pouvoir garantir une réponse financière tout en assurant la maîtrise technique de l’ouvrage ». Ce projet de type build-to-suit semble au bout du compte être un succès, puisqu’une extension de 12 000² est en passe d’être livrée, tandis que les premiers retours sur l’exploitation du site, confiée à GT Logistics paraissent positifs. Une répartition des tâches qui oblige le donneur d’ordres à devenir un chef d’orchestre.
Pour limiter l’impact du bâtiment actuel de 18 000² sur l’environnement, toute une batterie de fonctionnalités a été prévue : panneaux solaires thermiques pour réchauffer l’eau des sanitaires, récupération et traitement des eaux pluviales, limitation des besoins énergétiques au moyen de puits de lumière et de lampes spécifiques, ainsi qu’un système permettant de limiter l’entrée d’air froid dans le bâtiment via les quais de chargement. « En 2006, au moment de lancer ce projet, il n’y avait pas encore de véritable référentiel développement durable ou de charte environnementale spécifique au secteur logistique. Ces besoins s’inscrivaient simplement dans la stratégie de Quiksilver », précise le dirigeant. Désormais pourtant, l’entrepôt de Rives fait partie des sites pilotes choisis par l’AFILOG, pour conduire un processus devant aboutir à la première certification HQE de « plate-forme logistique durable ».
Tenter d’anticiper sur les prochains standards de l’immobilier logistique imposés par cette future norme est aussi un pari économique intéressant, qui épargnera peut-être des investissements ultérieurs de mise en conformité…
Julien Monchanin pour Physical Supply ChainS