« La durabilité est la priorité n°1 pour les professionnels de la Supply Chain mais le manque d'ambition et la réticence à collaborer sont des freins au développement de concepts novateurs », telle est la conclusion de l’étude publiée par Oracle et réalisée par The Future Laboratory, un cabinet spécialisé dans l'analyse des tendances à venir. Plusieurs messages autour de la durabilité se distinguent dans l’enquête, dont l'exigence d'un cadre de référence pour la "science de la durabilité"
L'étude reconnaît en effet les difficultés qu'il y a à identifier les limites de responsabilité et de contrôle des opérations de chaîne d'approvisionnement, dans la mesure où la prise en compte de tous les processus interconnectés est sans véritable fin. Par exemple, où s'arrête la mesure de l'empreinte carbone dans la production alimentaire ? Les évaluations doivent-elles prendre en compte les émissions produites lors de la fabrication des machines agricoles ? Ainsi, faut-il soutenir l’idée d'un cadre de référence pour répondre à ces questions complexes ? Adrian Dickinson est directeur des innovations chez DHL Logistics et l'un des experts mondiaux interrogés. Il affirme que les professionnels de la comptabilité pourraient créer un ensemble de règles claires et transparentes que tout le monde pourrait adopter : « la technologie jouera sans aucun doute un rôle important pour la collecte des données, mais à un moment il nous manque le cadre de référence dans lequel inscrire ces données » explique-t-il.
Pour y parvenir, Oracle Corporation est convaincu qu'il est nécessaire de décomposer ces défis en trois étapes, afin que les entreprises disposent d'un cadre général pour simplifier le processus et quantifier les critères de réussite :
• Niveau un : la base, avec notamment l'introduction du recyclage, l'extinction de l'éclairage des bâtiments et la diminution des voyages. De nombreuses entreprises ont déjà mis en place avec succès des mesures de ce type.
• Niveau deux : les entreprises apprennent à "penser durable", elles commencent à évaluer l'impact d'une grande partie de leurs activités opérationnelles et à procéder aux ajustements nécessaires.
• Niveau trois : c'est la science de la durabilité, avec l'émergence de réglementations et de standards cohérents qui constituent un cadre mondial de référence pour structurer les opérations des chaînes d'approvisionnement durables et clarifier l'impact de chaque action.
Pour atteindre le "niveau trois", les organisations de gestion des chaînes d'approvisionnement devront accepter de travailler plus étroitement avec leurs concurrentes. La plupart des personnes interrogées reconnaissent que la collaboration est vitale pour atteindre la durabilité de la chaîne d'approvisionnement. Le groupe le plus important (36%) a choisi la collaboration devant la législation (32%), la technologie (13%) et la pression des investisseurs et des consommateurs (11% et 4% respectivement).
D'autres réponses révèlent que la réticence à collaborer de façon plus étroite peut aussi venir des limitations des systèmes actuels. Presque la moitié des personnes interrogées (45%) expliquent qu'elles ne reçoivent des données que des éléments de la chaîne d'approvisionnement qui leur appartiennent. 15% se plaignent de n'être pas en mesure d'effectuer des modifications en temps réel, les informations qu'elles reçoivent étant périmées et variables selon la source, alors que 11% expliquent que les mécanismes de reporting qu'elles utilisent sont morcelés et ne permettent pas d'obtenir la vision cohérence dont elles ont besoin.
Alors que va-t-il se passer ? Poussées par la surveillance toujours plus intense de leurs revendications "vertes" de la part des consommateurs, des médias, des investisseurs et des ONG, ainsi que par l'augmentation du coût de l'énergie, les entreprises voudront de plus en plus constituer des avantages concurrentiels à partir de leurs initiatives en matière de durabilité. En raison de ces pressions, l'étude prévoit l'émergence et le développement des tendances suivantes :
• "Slowgistics" (la logistique lente) : utilisation renforcée des réseaux fluviaux et ferroviaires ainsi que des itinéraires côtiers pour la distribution, et réintroduction des dirigeables, les avantages de la durabilité passant devant ceux de la vitesse pour les professionnels de l'approvisionnement.
• Coordinateurs de chaînes d'approvisionnement : plutôt que de fabriquer elles-mêmes les produits, ces entreprises superviseront, au nom de leurs clients, toutes les opérations allant du développement des produits et de l'achat des matières premières jusqu'à la planification et à la gestion de la production et de la distribution.
• Changement de perspective en matière de Supply Chain : les réseaux de distribution du futur seront conçus en partant du client, plutôt que de l'usine vers l'extérieur.
• Réseaux de distribution partagés : les entreprises collaboreront pour la livraison et le retour des produits afin de diminuer les surcapacités de camions à moitié vides circulant sur les routes ou la multiplication des livraisons par camion vers une même destination.
• Les marchés virtuels : le développement exponentiel des places de marché virtuelles regroupant de nombreuses entreprises spécialisées sur différentes niches qui se réunissent pour vendre leurs produits.
• Relocalisation de certaines industries : avec la baisse des coûts de fabrication et l'augmentation des coûts de transport, la dispersion d'usines dans le monde entier alimentant de longues chaînes d'approvisionnement ne présentera plus d'intérêt commercial.
• Développer les produits pendant leur transit : des expériences réussies ont déjà été menées avec la production de champignons pendant le transport vers leur destination finale.
Un vrai besoin d'assistance technologique semble enfin émerger, les professionnels étant demandeurs d'outils leur permettant de mieux évaluer la durabilité de leurs opérations : 48% des personnes interrogées veulent des logiciels de prévision pour calculer l'impact de leurs décisions ou de celles de leurs fournisseurs ; 41% sont intéressées par les containers intelligents ou la technologie RFID pour obtenir des informations sur le déplacement des produits ou l'utilisation de l'énergie sur les circuits d'approvisionnement.
« Difficile d’évaluer l'impact environnemental » pourrait se résumer la conclusion de l’étude. Des défis importants restent en effet à relever dans l'évaluation de l'impact environnemental de la production et du transport des biens. Il manque une normalisation permettant de mesurer la réussite alors que les organismes se multiplient dans le domaine du reporting de la durabilité, avec notamment Global Reporting Initiative, Carbon Disclosure Project et un nouveau standard de responsabilité sociale, la norme ISO 26000 attendue pour 2010.
Pour en savoir plus sur cette étude, cliquez sur le lien suivant : www.oracle.com/uk/scm