Qu’ont en commun les équipes de déminage de la KFOR, les investisseurs immobiliers de banques suisses en Russie, et des villes comme Dunkerque et Genève ? Toutes ont eu recours, à l’instar de ProLogis, à la technologie du rayonnement infrarouge, pour détecter mines, couloirs enfouis et déperditions énergétiques. Toutes ont aussi fait appel à la même société : TCC (Trading Corp Consulting). La société a été chargée par ProLogis d’établir une « cartographie thermique ultra fine » de 18 bâtiments neufs en France, grâce à cette technologie militaire. Près de 450.000m2 passés au peigne fin ! « Nous faisons appel à différents constructeurs pour bâtir les bâtiments que nous développons et exploitons. Nous voulions nous assurer que leur conception et leur qualité thermique étaient conformes à nos engagements en termes de développement durable », explique Jean-Michel Lemius, Directeur des projets Europe du Sud chez ProLogis.
Des relevés au sol et dans les airs
Des relevés thermiques ont dans un premier temps été réalisés à l’intérieur des bâtiments avec la caméra infrarouge. Cette première étape avait pour but de détecter les éventuelles entrées d’air froid. Deuxième étape : les relevés aériens. La caméra infrarouge a été embarquée sur un hélicoptère pour prendre des clichés des plates-formes sous tous les angles. Plus de 600 à chaque fois. « Nous réalisons un vol stationnaire de vingt à trente minutes au-dessus de chaque bâtiment. Cela nous permet de vérifier la toiture, les parties verticales, l’étanchéité, voir s’il y a de l’humidité dans les complexes isolants, etc., commente Jean-Claude Barré qui dirige TCC. La caméra infrarouge a une sensibilité de 4 centièmes de degré de discrimination, ce qui permet de réaliser un état des lieux très précis. »
La captation aérienne n’est pas sans contraintes : les relevés doivent se faire par temps sec, avant le lever du soleil (sa chaleur risquant de fausser les résultats), par une température maximale extérieure de +6°C. Bien évidemment, le bâtiment doit être chauffé. « Pour certaines plates-formes, comme à Miramas et à Mer, proches de centrales nucléaires, il a également fallu obtenir des autorisations de survol », précise Jean-Michel Lemius.
Jusqu’à 1000 fichiers images à analyser par plate-forme
Entre les relevés au sol et les captations aériennes, 700 à 1.000 fichiers sont analysés par bâtiment. Un travail titanesque que Jean-Claude Barré résume par l’équation suivante : « 30 minutes d’acquisition de données en vol et 4 heures au sol, c’est 8 heures de traitement en laboratoire. »
Des courbes et profils de température sont établis à partir des données accumulées, et TCC émet un avis sur l’isolation, mais aussi la sécurité du bâtiment.
Outre les déperditions de chaleurs, les relevés permettent de détecter les points chauds dans les armoires électriques -pour éviter les risques d’incendie-, et de pointer les problèmes d’oxydation, de chaudières…
Sensibiliser au développement durable
L’analyse globale des sites est en cours. Les résultats devraient être disponibles dès mai 2009. Quelques « pathologies » mineures sont d’ores et déjà constatées : problèmes d’isolation autour des châssis vitrés dus à un mauvais montage, problèmes d’étanchéité dans les angles des bâtiments, des déperditions de chaleur au niveau des quais (ce qui conforte ProLogis dans le choix de développer l’installation d’autodocks sur ses plates-formes)… A l’origine des déperditions également, les négligences comme des portes trop longtemps ouvertes…
S’agissant de la conception, les constructeurs seront amenés à réaliser et prendre en charge, le cas échéant, les réparations nécessaires. ProLogis pourrait également renforcer des contrôles qualité aléatoires sur les chantiers. L’objectif étant de « sensibiliser chacun, constructeurs, partenaires, opérateurs, etc. à la démarche de développement durable. Un bâtiment mieux isolé, c’est moins de dépenses énergétiques et la possibilité de faire des économies substantielles ! », conclut Jean-Michel Lemius.
Source du communiqué : Prologis