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Interview de Jean-Luc Delcuvellerie, Director of MES Product Management, APRISO

Jean-Luc Delcuvellerie, Director of MES Product Management chez APRISO nous explique l’intérêt de mettre en place un Quality Execution System (QES).



Jean-Luc Delcuvellerie
Jean-Luc Delcuvellerie
Physical Supply ChainS : Monsieur Delcuvellerie bonjour, présentez-nous les activités d’Apriso ?
Jean-Luc Delcuvellerie : Apriso est un éditeur de logiciels dont la vocation est d’apporter un avantage compétitif aux entreprises manufacturières en leur permettant de standardiser et déployer plus rapidement leurs bonnes pratiques industrielles, et d’adapter rapidement et aisément leurs opérations aux évolutions du marché et de réagir immédiatement à tout type d’événement non prévu. Ses solutions s’appliquent en particulier aux secteurs de l’aérospatial et de la défense, de l’automobile, des biens de consommation, des hautes technologies et de l’électronique, des sciences de la vie, des produits de minoterie et des machines et composants industriels.


PSC : Qu’est-ce que le Quality Execution System (QES) ?
JLD : A l’instar des fonctionnalités de Manufacturing Execution System (MES), le QES est une application de pilotage et de suivi de la qualité des processus de fabrication, dans un objectif d’amélioration continue de la qualité de la production et du système de suivi qualité. La valeur du QES pour les clients est très importante. Elle peut être déclinée en 4 points essentiels :

1) Accélération des flux

La spécificité du QES par rapport à une solution de gestion de la qualité en général consiste à embarquer le contrôle qualité dans les processus métiers, ce qui permet de détecter les éventuels défauts le plus tôt possible, même avant qu’ils ne se produisent, au lieu d’avoir à les constater à posteriori.
Plus le défaut est détecté rapidement, plus faible sera le coût impliqué par les activités de correction, de retouche ou de rebus. Les décideurs ont besoin d’être avertis immédiatement pour pouvoir prendre des décisions et engager des actions basées sur des faits.
Les entreprises ont par ailleurs besoin de planifier de façon cohérente les actions d’inspection qualité, de maintenance, de production. Cette planification coordonnée peut elle aussi être intégrée dans le QES.

2) Optimisation

En matière d’optimisation, il est possible de réduire l’effort d’inspection qualité grâce à un calcul dynamique de l’échantillonnage basé sur la production réelle et non sur une planification théorique qui a de fortes chances de ne jamais se produire. Par exemple si la séquence des produits lancés sur une ligne de conditionnement est modifiée pour faire face à un aléa quelconque, il sera possible de redéfinir automatiquement quels sont les échantillons et les types de contrôles juste nécessaires en fonction des bonnes pratiques dictées par le département qualité en conformité avec la règlementation.
Le QES peut être utilisé par les différents niveaux de management, depuis les directeurs opérationnels jusqu’aux opérateurs sur le terrain. Ces derniers ont besoin d’une interface utilisateur ergonomique qui leur permette de surveiller et d’exécuter la production, le réapprovisionnement, la maintenance et la qualité sur le même écran. Pour bénéficier de toute possibilité d’amélioration continue, les contrôles doivent pouvoir être modifiés, mis en œuvre et déployés simplement par les personnes du terrain, sans faire appel aux informaticiens.

Enfin, les entreprises doivent pouvoir intégrer les informations concernant la qualité des produits, la qualité des processus et la productivité des lignes de production, en lien direct avec les commandes clients pour garantir la qualité de service attendue, avec émission ou non des certificats qualités suivant le type d’industrie.

3) Visibilité et analyse

En matière de qualité, les entreprises ont également besoin d’avoir une visibilité sur les indicateurs de performance de la production, avec la capacité d’accéder au niveau de détail le plus fin pour rendre possible et plus rapide l’analyse des causes ; de diminuer l’impact négatif d’un défaut ; de réduire l’ampleur des campagnes de rappel, le cas échéant.
Tout cela implique de pouvoir corréler facilement les données : informations qualité, machines, outils et employés impliqués, événements machines, spécifications des composants et des produits semi-finis, informations sur les processus, résultats des mesures qualité. Et cela sur les différentes lignes de production et sur les différents sites.

4) Amélioration continue

Pour améliorer ses processus de production, l’entreprise doit mettre en place des flux d’exécution (workflow) pour les activités de production, de maintenance et de qualité, ce qui implique de disposer des procédures détaillées et à jour pour piloter cette exécution. Les évolutions de processus doivent être faciles à implémenter et à déployer pour améliorer les flux d’exécution sur tout le réseau industriel, dans tous les domaines d’exécution, durant tout le cycle de vie du produit.

Pour une entreprise engagée dans une démarche d’amélioration continue, le système supporte les initiatives de type Lean et 6 Sigma, les groupes de progrès, en fournissant aux usines des moyens rapides d’améliorer et de contrôler les processus d’exécution basés sur des mesures et des faits.
De plus, en permettant des analyses plus faciles et plus rapides des données de production et de qualité, le QES permet de réduire le temps et le coût de lancement de nouveaux produits ou processus, ainsi que le transfert accéléré de la production sur de nouveaux sites.


PSC : Quelles solutions existe-t-il pour l’exécution de la qualité ?
JLD :
Certaines entreprises essaient d’utiliser des systèmes dédiés de type QMS (Quality Management System) et ou certaines fonctionnalités des ERP.

Les QMS ne répondent pas aux besoins d’exécution de la qualité en production car ce sont essentiellement des solutions de gestion des processus du département qualité telles que par exemple la gestion des réclamations clients, conçues pour fonctionner indépendamment des ERP. Ces progiciels possèdent de nombreuses fonctions et des données redondantes avec les ERP et nécessitent donc pour fonctionner ensemble un effort d’interfaçage significatif. Ceci rend très complexe la gestion de la visibilité globale, la consolidation des données et l’intégration d’événements temps réel captés sur de multiples systèmes. De plus, en cas d’évolution des processus métiers, il faut modifier de multiples solutions ce qui peut représenter des coûts et des délais très importants.

Quant aux ERP qui disposent de modules qualité, ceux-ci ne sont pas conçus pour être utilisés sur des postes de travail d’usine mais pour planifier et gérer les processus qualité ou la gestion de laboratoire. La granularité et le type de données capturées par ces progiciels ne fournit pas la capacité à remonter aux causes des défauts qui peuvent être aussi bien liés à l’outillage utilisé qu’au paramétrage d’une machine. De plus, leur ergonomie est orientée pour le transactionnel dans un bureau, plutôt que pour un travail posté en atelier. Les documents et les listes de contrôle qu’ils fournissent sont pensés selon une logique de gestion documentaire et n’offrent pas d’adaptation dynamique pour faire face aux inévitables aléas qui surviennent sur une ligne de production. Enfin des développements spécifiques pour adapter les transactions de base sont nécessaires pour coller aux contraintes particulières de chaque usine, ce qui diminue les capacités d’évolution et d’amélioration de l’organisation.


PSC : Comment Apriso résout-il l’ensemble de ces problèmes ?
JLD :
Contrairement aux collections de logiciels rassemblées par d’autres éditeurs au fil des rachats de sociétés, Apriso propose une plateforme homogène pour toutes les fonctions d’exécution industrielle, avec un référentiel de données et une modélisation des processus unique qui peuvent donc être étroitement intégrés. Cette plateforme comprend des outils homogènes pour construire, adapter et déployer des processus métiers incluant les activités de qualité, et pour les exécuter dans les différents sites de production, avec l’ergonomie adéquate.

Apriso FlexNet Quality est conçu pour fonctionner dans un environnement distribué : grâce aux fonctions de modélisation d’une organisation multi-sites et aux outils de transport des versions de processus, l’application peut rapidement être déployée sur plusieurs sites par distribution et réplication des systèmes, avec les mêmes indicateurs de suivi pour tous les sites. Les informations peuvent être agrégées pour fournir une vision globale. Inversement, un même processus peut être suivi sur plusieurs sites avec une vision de détail.

De plus, notre solution est nativement conçue pour fonctionner en complément des systèmes ERP ou GPAO fournis par des éditeurs de progiciels tels que SAP, Microsoft, Oracle ou Infor Global Solutions. Contrairement aux solutions « stand alone » de QMS (Quality Management System), Apriso FlexNet Quality ne nécessite pas d’effort d’interfaçage avec l’ERP, ni de consolidation des données dupliquées pour obtenir une vision globale de systèmes multiples. L’architecture orientée services (SOA) de cette plateforme facilite son intégration avec le système d'information de l’entreprise, notamment le transfert de métriques qualité entre QES et ERP pour réaliser des programmes complets de visibilité, de pilotage et de suivi de la qualité à l’échelle de l’entreprise. Apriso FlexNet Quality permet ainsi d’étendre le retour sur investissement de l’ERP.

Propos recueillis par Physical Supply ChainS auprès de Apriso

Mardi 12 Février 2008



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