L’essai, organisé dans le cadre du projet Flumilog (FLUx éMIs par un incendie d’une plate-forme LOGistique)*, était tout aussi spectaculaire que nécessaire : incendier un entrepôt pour faire progresser la prévention et donc la sécurité des professionnels de la logistique. Fin septembre, c’est ainsi un bâtiment de 860 m² de surface et 12,5 m de hauteur, soit l’équivalent d’une cellule d’entrepôt, qui est parti en fumée…en apparence seulement car les leçons tirées de l’événement sont nombreuses.
C’est en effet pour mieux maîtriser les risques d’incendie, adapter les infrastructures, ajuster les écrans thermiques et déterminer les distances de sécurité autour des installations, qu’une telle mise en situation est indispensable, afin de connaître avec précision l’impact des flux thermiques lors d’un incendie. Or dans le passé chaque bureau d’étude avait sa propre formule pour calculer les effets de la chaleur des flammes. Certes la simulation sur ordinateur a ses avantages mais aussi ses incertitudes et l’expérimentation avec essais à taille réelle est très enrichissante. Après avoir réuni les moyens nécessaires, le groupement Flumilog a entrepris en automne 2007 une série d’essais à moyenne échelle avec un bâtiment de 100 m².
« Cet essai nous a permis d’avoir une approche plus réaliste de ce qu’est un incendie d’entrepôt », constate « à chaud » Stanislas Grassien, Directeur de Projet au Département Recherche et Développement de GSE, l’un des partenaires du projet. « Le bâtiment joue un rôle d’enveloppe. On s’aperçoit qu’un tel bâtiment qui va tomber doucement comme ici au bout de 20-25 minutes s’effondre vers l’intérieur, et a tendance à atténuer la hauteur des flammes, qui, même au plus fort de l’incendie ne dépassent pas ici , sous réserve de post analyse des images vidéo , le double de la hauteur du bâtiment. Suite à l’effondrement du bâtiment les flammes ont décroché assez rapidement. En tout cas l’intensité maximale n’a pas été très longue, seulement 5-6 minutes. En termes de sécurité cela nous donne une vision un peu plus réaliste des effets d’un incendie qu’on cherche à contenir. Aussi le mur coupe-feu vers la cellule voisine du bâtiment – ici simulé – a très bien tenu et a parfaitement joué son rôle de compartimentage. De fait, grâce aux compartiments la ruine en chaine du bâtiment a été évitée. L’incendie se limite à une seule cellule et il n’y a pas de propagation sur la structure de la cellule voisine. Le bâtiment s’est effondré selon le scénario qui était prévu, c’est à dire un effondrement vers l’intérieur et non vers l’extérieur, ce qui est important pour la sécurité des gens qui combattent le feu ou pour les bâtiments voisins. »
Le bâtiment était constitué d’une structure métallique de support et de bardage acier sur trois façades, tandis que la façade Est était constituée d’un mur coupe-feu en plaques de plâtre, qui, selon la réglementation doit résister au feu pendant 2 heures à l’intérieur 260 tonnes de bois palettisées ou en caisses étaient réparties sur des racks. Cela représente un remplissage de 80 % du volume de stockage. Environ 200 thermocouples ont permis de mesurer l’évolution des températures, une quarantaine de fluxmètres a mesuré les flux thermiques et une dizaine de caméras placées à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment a filmé l’évolution de l’incendie et le comportement des éléments de la construction.
Jean-Claude Bossez, Président d’AFILOG, l’Association Française de Logistique, souligne la relation entre prévention des risques, développement durable et perspectives de l’industrie logistique. « Cet essai est un élément très important et va nous permettre d’obtenir par voie scientifique des éléments avec lesquels nous pouvons rassurer les investisseurs, les constructeurs, les chargeurs et les prestataires logistiques, sur le fait que leurs bâtiments sont fait avec des matériaux et selon des normes qui présentent toutes les garanties de sécurité, et cela devrait aussi rassurer les administrations, les communes et les riverains voisins de ces sites logistiques. »
Source du communiqué : GSE
* : Le projet Flumilog regroupe dans une démarche commune en faveur de la défense de l’environnement et de la prévention des risques plusieurs partenaires: l’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS), le Centre National de Prévention et de Protection (CNPP), le Centre Technique Industriel de la Construction Métallique (CTICM), le Syndicat de la Construction Métallique de France (SCMF), le groupe métallurgique ArcelorMittal, l’Association Française de Logistique (Afilog) et la société d’ingénierie GSE, fondatrice du métier de contractant général, qui a mis au service du projet ses compétences dans la construction de plateformes logistiques.