La plupart des observateurs ne prévoient pas d’affaiblissement du recours aux formations continues en 2009, aussi bien que le niveau d’activité en 2008 était resté élevé. D’après l’AFT-IFTIM, 67 % des entreprises de plus de cent salariés, ainsi que 55 % de celles comptant entre 50 et 100 employés, ont conduit des programmes de formation l’an dernier. À la grande satisfaction des syndicats, qui interprètent ces données comme une volonté manifeste des entreprises pour former plutôt que licencier.
Un marché épargné, mais des coûts surveillés
Ce plébiscite au sujet de la formation ne doit cependant pas faire oublier que les entreprises clientes sont de plus en plus regardantes à la dépense, et mesurent davantage la véritable valeur ajoutée par ces prestations particulières. D’un côté donc, les clients optent pour des programmes réalisés dans leurs locaux afin de limiter les frais de déplacement, et de l’autre elles renforcent le volet e-learning de ceux-ci. À posteriori, tests de satisfaction et évaluations de la montée en compétences des personnels formés servent quant à eux à estimer le ROI réel des formations achetées, et sont demandés aux formateurs, même si ce dernier phénomène n’est pas nouveau. Le marché est donc préservé, mais les optimisations des clients jamais exclues.
Le fond et la forme des prestations évoluent tout aussi sensiblement. Ainsi les compétences commerciales paraissent-elles privilégiées dans les programmes, car perçues par les entreprises comme l’outil numéro un de sortie de crise, tandis que les formations certifiantes se substituent assez massivement aux formations qualifiantes. Certains masters en logistique font par exemple le plein de nouveaux étudiants parfois anciens dans l’entreprise, et plus seulement de jeunes diplômés en quête d’un plus sur leur CV. De même, toutes les sociétés ne sont pas logées à la même enseigne, et il ne faut pas considérer le succès relatif des formations comme uniforme et généralisé.
Des distinctions à opérer
Trois cas seraient ainsi à distinguer. D’abord, dans les secteurs du commerce, de l’agroalimentaire et de la pharmacie, peu touchés par la crise, les choses perdureraient en l’état. Ensuite, les entreprises plus particulièrement touchées vont quant à elle choisir le chômage technique, les retraites anticipées, ou d’autres dispositifs d’urgence, qui laissent peu de place aux démarches de formation continue. Enfin, entre ces deux extrêmes, un grand nombre de sociétés ont un comportement d’attente, et peuvent de ce fait encourager les formations pour couvrir le temps dégagé par les baisses d’activités, à plus forte raison si les programmes sont encouragés par des financements publics.
Au niveau des prestataires, tous ne sont pas non plus également armés pour traverser la crise. Apparemment, et les plus favorisés restent les plus diversifiés, qui proposent à la fois des formations intra (formation assurée exclusivement pour les salariés d’un même groupe) et inter (formations où se mélangent des salariés de plusieurs entreprises).
À noter que le recours aux formations n’est plus seulement fondé sur la volonté des entreprises : un grand nombre d’individus isolés s’y inscrivent pour élargir leur champ de compétences, à l’heure où la crise les menace plus ou moins directement. À ces démarches sont associées des demandes de plus en plus nombreuses de financements de type FONGECIF.
En conclusion, même s’il est un peu tôt pour tirer tous les enseignements de la crise en termes de politiques de formation, aucun fléchissement majeur du secteur n’est à déplorer, bien que certains segments aient plus de marge que d’autres.
Résumé réalisé par Physical Supply Chains à partir de l’enquête du Journal de la Logistique (Numéro 66 – juin 2009 : « Formation continue : pourquoi s’arrêterait-elle ? », Crédit photo : © Jean-Michel POUGET - Fotolia.com).
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