Acheter auprès de fournisseurs indiens, chinois ou turcs est encore aujourd'hui, pour beaucoup d'entreprises, une réalité complexe restant à analyser pour trouver des solutions fiables. L'objectif de cette étude est le suivant : mieux appréhender concrètement les freins dans les relations des entreprises HCC (High Cost Countries) et les fournisseurs LCC (Low Cost Countries) et cela directement au travers des perceptions et opinions des fournisseurs de 4 pays significatifs.
Deux grands constats se dégagent de cette étude :
1. LES FOURNISSEURS LCC SONT AUJOURD'HUI EN POSITION DE FORCE : ILS COMMENCENT A CHOISIR LEUR CLIENTELE ET DEVIENNENT PLUS EXIGEANTS.
• Les fournisseurs LCC « n'attendent plus le client ». Contrairement à ce que pensent encore bon nombre d'entreprises HCC, les fournisseurs LCC opèrent de plus en plus une sélection de leurs clients. Ainsi, en Chine (pays le plus avancé dans ce domaine), près de 75% des fournisseurs mettent en place des processus de démarchage de nouveaux clients. En Tunisie, la proximité des marchés HCC et les relations historiques existantes avec le Sud de l'Europe notamment ont contribué à générer la même pro-activité chez 50% des fournisseurs interrogés.
• Le client HCC n'est plus « un client roi », donneur d'ordre. Signe des temps, les fournisseurs acceptent facilement les audits industriels validant leurs capacités techniques et processus qualité mais les audits sociaux sont souvent rejetés, principalement en Inde et en Tunisie mais aussi en Chine (dans 25 % des cas). Le client HCC n'est donc plus en mesure d'imposer sa vision éthique à tous ses fournisseurs, mais doit négocier pour la partager.
• Le communication s'est améliorée, mais doit être plus concrète, davantage orientée « business ». Les processus de relation avec les fournisseurs LCC se sont formalisés ces dernières années au travers des « RFI » (Request for Information) qui évaluent la faisabilité des projets sur les plans technique et financier. Mais les fournisseurs LCC deviennent de plus en plus exigeants et souhaitent pour 80% d'entre eux des processus moins chronophages. Ils exigent désormais des documents plus concrets, plus techniques et valorisant les opportunités d'affaires pour 85% d'entre eux.