Délocalisation / Relocalisation – Externaliser / Internaliser – Savoir Faire / Savoir Faire-Faire

Il est des sujets dits de société ou les enjeux hors le cadre financier qui stigmatise à la fois les peurs, les ressentiments, la haine parfois et « Jamais ne laisse indifférent ». Délocaliser est en effet un mot tabou, porteur de négativité disons peu enclin à susciter une attention qui pourtant devrait être réellement présente à nos esprits !



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Je préfère le terme « Sous traiter » mais … c’est délocaliser ! C’est non seulement une réalité mais aussi la force de nos entreprises que celle de savoir s’adapter au besoin du marché. Le savoir faire-faire c’est aussi un savoir faire ! Nous devons nous féliciter du savoir faire engrangé et par la même accepter, pour survivre, de nous inscrire dans les flux nouvellement dessinés. Notre réactivité, notre capacité d’innovation, notre adaptabilité sont et seront les remparts à toute morosité ambiante peu fidèle à la réalité de notre tissu économique. Nous sommes compétitifs et rentables ! Sinon que font tous ces chasseurs de valeur sur notre territoire ? Le dynamisme, la créativité nationale impose de rassurer les acteurs sur notre capacité à rebondir, à nous adapter, et au final à réussir.

Pourquoi et Qui délocalise ? Vers Ou et vers Qui ? Est-ce réversible ? Comment ?

De tous temps nous avons confié à des tiers les opérations les moins maitrisées ou porteuses de valeur ajoutée en interne afin de croitre et de se développer sur l’axe majeur de la valeur ajoutée réelle et profitable de l’entreprise. C’est un recentrage obligatoire ; C’est donc aussi une possibilité de favoriser par les choix opérés l’assurance du maintien ou du développement de la rentabilité de l’ensemble. « Exister impose aussi de satisfaire le marché en terme de coût de production imposé par le client, donneur d’ordre ou le consommateur final » La logique industrielle impose aussi de structurer, d’aménager les flux afin que l’existence même de l’entreprise ne soit remise en cause par une impossibilité de satisfaire en temps le marché.
Le décideur, l’organisateur ou le manager prendra soin en relation directe avec le niveau stratégique, le financier et l’opérationnel de vérifier la nature exacte de la chose « délocalisée ». Identifier en amont de tout transfert ou contrat les diverses formes de sous traitance en objet. La sous traitance, non exhaustivement, peut être tant conjoncturelle que structurelle, de capacité de compétence mais peut et doit faire l’objet d’un traitement séparé selon sa destination.
Quid du travail confié, de la préservation du savoir ? Quid de la formalisation et de l’encadrement de l’opération de sous traitance « extérieure » ? C’est au niveau de la formalisation, de la formulation des actes qui convient d’opérer l’analyse de la chose « externalisée ».

L’ouverture de nouveaux marchés avec une demande forte des pays tels l’Afrique, la Chine, L’Inde et les pays en développement, je préfère « en devenir » c’est plus positif, met en lumière notre incapacité en terme de quantité d’unité de valeur à satisfaire la nouvelle demande. Produire en bonne quantité, au bon coût, en qualité requise par le client est l’objectif de toute entreprise après celle évidemment, la première, de produire de la richesse et donc de maintenir des emplois et aussi de créer du lien social.
Délocaliser pour servir nos objectifs de croissance est une réelle chance ! Cela montre et démontre la valeur et l’engouement pour nos conceptions, nos réalisations et la reconnaissance de notre savoir faire. Il nous appartient de fixer les règles. C’est le rôle des managers, des conseils que d’identifier les risques attenants et d’assister les entreprises dans leur développement et transferts d’activités : c’est de la méthode de conduite de projet incluant la nécessaire phase d’analyse des risques.
Lorsque l’accroissement de la demande provoque de fait une diminution du prix de vente, voire la migration d’une catégorie d’articles techniques vers une redéfinition en produit de grande consommation ; tel le GPS dont le cout a été diminué par 20 en quelques années, Il nous faut redéfinir nos schémas de production. Externaliser la production vers des pays à bas cout de main d’œuvre est impératif pour coller à la réalité du marché et de la demande. Qui reprocherait la pénétration de nos entreprises sur les marchés extérieurs ? Personne !

Qui délocalise ? Tout le monde sauf a priori l’artisan ou le créateur de biens ou valeurs destinées au marché local ! Qui en profite ? Tout le monde. Nous tous en tant qu’acheteur et en tant que bénéficiaire du développement des progrès et des sciences. Quelle contre-partie ? En fait cela dépend directement de la méthode et évidemment de la stratégie poursuivie !
Il me faut évoquer la partie « noire » du tableau. Lequel s’assombrit fortement lorsque la stratégie n’est plus conduite par des entrepreneurs mais par les seuls investisseurs ! La profitabilité n’est pas instruite dans la durée et encore moins la raison n’invoquera la pérennité de l’ensemble.
Grossièrement je dirai que telles des sauterelles leurs dessins est de consommer la ressource jusqu’à épuisement puis de passer au territoire, à la ressource suivante. Dans ce schéma simpliste derrière eux peut de chose repousse ! Ce sont des faiseurs de malheur, des casseurs de ressources.

Les hommes sont la valeur première de nos entreprises, sans eux plus de création, de prototypage, de production, … d’acheteur (le Client & l’économie ?) Cela ressemble à du bon sens et pourtant résister à la pression extérieure est un réel challenge et provoque assurément cauchemar pour les patrons de PME et anxiété pour notre pays.

Gouverner c’est prévoir ! L’entrepreneur est comme le capitaine du navire seul maitre à bord ! Plus vraiment en fait il lui est imposé, sous pression extérieure et/ou interne de satisfaire une équation difficile : Profitabilité - Rendement et Pérennité - Equité ! Doit il perdre son savoir faire aujourd’hui pour tenter d’exister encore demain? Doit-il refuser de suivre son donneur d’ordre par delà les frontières au risque de disparaître du panel demain matin ? Doit-il recentrer son offre ? Et si tout cela n’était que de reporter l’inéluctable : s’interdire demain en obérant aujourd’hui ! Je n’ai il est vrai pas de réponse toute faite.

Mais par ces lignes je salue et reconnais le travail de tous ces chefs d’entreprise, ces managers, ces acteurs économiques qui œuvrent à maintenir nos niveaux de vie, et qui dessinent aujourd’hui l’avenir de nos enfants ! Avec quelques grosses erreurs, telle celle de confier aux incompétents la gérance de nos valeurs et de nos savoir-faire et de valoriser seulement l’entreprise à sa capacité à se débarrasser de tout ce qui « a première vue » ne semble pas rentable ! Ne laissons pas le doute enfin s’installer dans l’esprit des acteurs locaux, les employés, techniciens, cadres : la précarité comme outil de management est un leurre ! C’est le plus sur moyen de casser ce qui fait de nous un pays : l’unité ! Et le désir de faire ensemble ! On ne construit pas une vie avec des souvenirs mais les souvenirs peuvent servir à construire une vie ! Ne passons pas notre temps à regretter le passé, pensons l’avenir en rêve en technicolor et demain sourira au plus grand nombre.
A l’instar de ses chefs d’entreprise de la vallée de l’Arve, dans cet univers du décolletage et détenteur encore d’un savoir faire reconnu et profitable TIRONS ensemble la leçon de leurs expériences et gageons que fort de celle-ci nous soyons plus à même de gérer à nouveau nos entreprises en « bons pères de famille ».
Il faut se donner aujourd’hui le temps d’acquérir les outils de demain : la formation est l’un des outils de développement, de dynamisation et d’ouverture vers les nouveaux marchés ; c’est notre avenir commun. Sans méthode pas de maitrise ! Sans formation pas d’avenir.

Vous me direz Oui ! Mais peut-on réellement modifier ce qui a été détruit ? Perdu ?

« Une cigarette fait des cendres » mais « les cendres ne pourront jamais créer une cigarette » Si je sous traite la fabrication du papier, la culture du tabac, fait exécuter l’étape de collage mais que je conserve le savoir-faire (le dosage, la recette, la formule, …) celui d’assembler et de satisfaire le marché en quantité, cout délai et qualité alors ma survie est assurée.
Que j’effectue partie ou non de l’assemblage, ici ou ailleurs m’importe peu si mon développement s’établit sur ma capacité à innover, à résister et à répondre au marché. Cela permet d’asseoir mon ambition, ma stratégie par mon adaptabilité et par mon sens de l’organisation efficiente.
Oui ? …MAIS formaliser impose rigueur, structuration et organisation. Certes mais qu’elle est la valeur de nos savoir-faire, recettes, secrets de fabrication ? notre qualité d’exécution, notre sens artistique, notre ingéniosité et le caractère novateur de notre approche ?

J’ai participé, apporté contribution à des projets de transfert d’activité (France à France et consolidation autre…) c’est aussi de délocalisation. Il y a d’un coté un donneur et de l’autre un receveur ; Dans tous les cas chacun d’entre eux profitera ou a profité de la situation : le donneur pour se libérer de la capacité et s’inscrire ainsi dans un schéma de développement plus porteur, plus profitable et le receveur consolide lui sa place de leader en développant sa gamme, son offre et ses savoirs faire par croissance externe. La formalisation enfin entraine chacun dans une spirale d’amélioration continue… c’est la sécurisation de l’échange ! La réversibilité des contrats impose la formalisation de tout transfert (sinon point de salut !)

Relocaliser (ou Internaliser un processus, une fonction) c’est rapatrier dans le site de départ la production initiale ou de reprendre en interne un développement initié à l’étranger GRACE ou du fait de la découverte de développements nouveaux consécutivement à l’étape de délocalisation ! C’est cela aussi : une chance d’exploration ! On se frotte à la réalité des autres, du marché : c’est de l’analyse… et du Co-Développement…
La Chine n’est pas l’ogre que l’on souhaite dépeindre : « du management par la peur vous dis-je ! » C’est avant tout un partenaire, un client indispensable, un gisement de valeurs. Néanmoins à l’instar de chacun d’entre nous qui compose une nation, les hommes de ce pays ne souhaitent pas rester cantonnés au rôle d’exécutants. Ils souhaitent et rêvent de développement, de reconnaissance et de bien être. Et le pays capitalise et forme à tout va (700000 ING /an?). Une stratégie mise en avant : la recherche…

Le grand gagnant de ce marché de chaise musicale n’est pas le travailleur chinois, asiatique ou autre ! C’est avec surprise que nous découvrons aussi et surtout des travailleurs pauvres dans les pays destinataires de nombre de délocalisation financières mal négociées mal encadrées. Le travailleur chinois à 100 € /mois alors que même que les prix en Chine grimpent rêve de voiture qu’il produit mais ne peut encore s’acheter ou ne pourra s’acheter avant le départ des sauterelles sous des cieux lointains, La croissance issue de ces actes est faite au profit de quelques uns pas pour le plus grand nombre. Nous pouvons à l’instar de nos prédécesseurs sur les modèles d’aujourd’hui inscrire profitabilité, pérennité financière et humanité !

L’avenir passera par la formation, l’amélioration de nos techniques et notre capacité d’adaptation.
Nous avons une chance exceptionnelle : une histoire riche, une culture technique reconnue et une richesse que l’on nous envie = des hommes formés, entrepreneurs, découvreurs de solutions et en un mot nous diffusons loin de nos frontières cette image positive de luxe, de technicité, de raffinement qui fait que nos produits, même et depuis peu, surtout en chine, sont préférés aux produits chinois s’ils proviennent de nos territoires. La sécurité que chacun d’entres nous souhaite modifie l’acte d’achat donc de production à notre profit ! Le client Chinois, Hindou, Africain, Asiatique, Européen, Américain, … veut tracer le produit : gageons que nous avons encore de beaux jours devant nous. Gardons ce qui fait notre force : nos usines, nos hommes, nos compétences fruits de notre expérience et de notre savoir … et de notre histoire.

Moi j’ai confiance dans nos produits, nos recherches ; nos capacités : les autres aussi !
Ensemble construisons l’avenir ! Formule bateau pour certains ! Riche de sens pour moi et je l’espère pour vous, pour nous. À votre service entièrement …

Philippe LEVESQUE

Fort de mes diverses expériences de Supply Chain Manager, dans la conduite de projets y compris de transfert d’activité, en tant que conseil aujourd’hui, il me semble opportun d’exprimer une opinion motivée par la nécessité d’apporter un peu de déontologie, à tout le moins disons une vision à long terme des échanges « pérennes » .
Il nous faut délocaliser notre savoir faire et relocaliser notre savoir être. La polémique au service de la communication et de la réflexion commune. Point de débat = Point d’idée à comparer et au final à mettre en œuvre…

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Vendredi 28 Septembre 2007



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